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Résumé de "la polyarthrite rhumathoïde en 100 questions" réalisé par les hopitaux de Paris et édité par NHA communication,
3, rue de la boétie 75008 Paris avec le soutien du laboratoire SEARLE


Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde par rapport aux autres rhumatismes ?


La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme, maladie qui touche l'appareil locomoteur (c'est-à-dire les os, les articulations, les muscles, les tendons).
L'articulation sert au mouvement. C'est l'endroit où deux extrémités osseuses, recouvertes de cartilage, se rencontrent. Elle est délimitée par la membrane synoviale qui secrète le liquide synovial qui lubrifie l'articulation.
Autour de l'articulation se trouvent les ligaments et les muscles, amarrés sur les os grâce aux tendons.




Les principaux rhumatismes sont :
quand l'os est atteint, l'ostéoporose;
quand le cartilage est atteint, l'arthrose ;
quand le tendon est atteint, la tendinite;
quand la membrane synoviale est atteinte, l'arthrite.

L'atteinte du cartilage ou de la membrane synoviale est une maladie articulaire ou arthropathie.
La membrane synoviale secrète alors anormalement du liquide qui s'accumule dans l'articulation (créant un épanchement de synovie). L'articulation est gonflée et douloureuse.
L'atteinte des éléments de voisinage (comme les tendons) est une maladie abarticulaire ou périarticulaire (périarthrite).
L'atteinte osseuse est une d'ostéopathie.

L'arthrite rhumatoïde comme toutes les arthrites s'accompagne d'épanchement articulaire (synovite), mais s'individualise par le fait que les cellules de la membrane synoviale se multiplient, prolifèrent anormalement. Cette multiplication des cellules synoviales est responsable d'un épaississement de la membrane synoviale que l'on appelle le pannus synovial.

     


Quand plusieurs articulations sont touchées, on parle de polyarthrite rhumatoïde.

L'évolution naturelle (sans intervention thérapeutique) de cette affection peut se faire soit vers la guérison (éventualité peu fréquente), soit le plus souvent vers la persistance de l'inflammation sans destruction articulaire, soit vers des destruction du cartilage, de l'os, lésions des ligaments et des tendons.
Ces lésions sont la conséquence de la persistance de l'inflammation articulaire (épanchement articulaire et pannus). Si elles sont négligées, elles peuvent entraîner des déformations .

Il existe donc des formes plus ou moins graves de la maladie allant de la polyarthrite rhumatoïde peu sévère non destructrice et très localisée à la polyarthrite rhumatoïde très sévère et très invalidante.






Comment expliquer les lésions observées dans la polyarthrite rhumatoïde ?


L'inflammation est définie par la sécrétion anormale de liquide synovial et par la prolifération anormale des cellules du tissu synovial. Elle est responsable du gonflement des articulations, de douleur survenant surtout la nuit et le matin, d'un enraidissement matinal des articulations.

Les lésions du cartilage et de l'os sont secondaires :



d'une part à la multiplication anormale des cellules de la synoviale qui "grignotent" par contact direct l'os ou le cartilage ;
d'autre part à l'action néfaste des enzymes contenues dans le liquide synovial.
Dans une polyarthrite évolutive destructrice, on se réfère aux lésions cartilagineuses osseuses et/ou tendineuses, responsables de douleurs survenant surtout après des activités physiques d'impotence fonctionnelle.




Cause de la polyarthrite rhumatoïde :

L'inflammation est un réflexe de l'organisme à une agression.
Pour la polyarthrite rhumatoïde, on ne connaît pas l'agresseur : il pourrait s'agir d'un agent externe (virus par exemple) ou d'un agent interne. Habituellement, l'organisme ne réagit pas contre ses propres constituants, on dit qu'il se "tolère". Dans la polyarthrite rhumatoïde, pour une raison inconnue, l'organisme ne reconnaît plus l'articulation comme étant sienne et réagit contre elle (on parle de réaction auto-immune). Le constituant de l'articulation qui ne serait pas reconnu pourrait provenir du cartilage (collagène).

L'autre hypothèse serait qu'il n'y a pas "d'agression", mais une réaction inflammatoire qui apparaît sans raison, secondaire à un dérèglement inexpliqué de l'organisme.

La polyarthrite rhumatoïde n'est pas une maladie héréditaire, mais il est possible d'en observer plusieurs cas dans une même famille. Il existe des "facteurs de prédisposition génétique". L'étude de l'antigène HLA (Human Leucocyte Antigen) protéine à la surface de certains globules blancs (tout comme les groupes sanguins se trouvent à la surface des globules rouges) fournit des renseignements.

Il est probable qu'il n'existe pas une cause unique de la maladie mais que plusieurs facteurs (maladie polyfactorielle) présents en même temps chez un même patient soient responsables de la maladie. Les facteurs prédisposants ( autre que le facteur génétique) pourraient être un trouble hormonal, une infection virale, un trouble psycho-affectif, un facteur alimentaire...




Qui est atteint de polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie fréquente qui touche entre un pour mille et un pour cent de la population générale en France. Elle atteint surtout les femmes, le plus souvent aux alentours de 50 ans, mais elle peut aussi concerner les enfants, les hommes et les femmes jeunes.

La fréquence plus élevée de la polyarthrite rhumatoïde chez la femme est d'autant plus vraie que la polyarthrite débute précocement (3,7 femmes pour 1 homme si la polyarthrite rhumatoïde débute avant 30 ans), la fréquence est identique chez l'homme et la femme si la polyarthrite débute après 60 ans.

Principales manifestations de la polyarthrite rhumatoïde :

Cette maladie est caractérisée par une inflammation de plusieurs (poly) articulations (arthrite) avec une prédilection pour les mains, les poignets et les genoux.
Néanmoins, elle peut atteindre toutes les articulations.
Elle provoque un gonflement articulaire douloureux bilatéral avec une limitation de la mobilité. Les douleurs articulaires occasionnent souvent des réveils nocturne en deuxième partie de nuit et un enraidissement matinal variable, caractéristiques de l'atteinte inflammatoire.
L'atteinte rhumatologique s'accompagne souvent aux mains et aux pieds d'une atteinte des tendons et de a synoviale ("ténosynovites").




Manifestations de la polyarthrite rhumatoïde en dehors de l'atteinte purement articulaire :

La maladie rhumatoïde peut s'accompagner de manifestations généralement peu sévères telles que nodules sous-cutanés, sécheresse des yeux.
Des manifestations plus sévères sont rarement observées, notamment atteinte des nerfs, voire du coeur.




Complications pouvant survenir au cours de la polyarthrite rhumatoïde :

On peut considérer toute lésion cartilagineuse, tendineuse, osseuse de voisinage comme une complication de la maladie.

Par ailleurs, on peut également considérer comme complication les manifestations extra-articulaires les exceptionnelles, mais sévères, atteintes oculaires, pulmonaires, cardiaques, voire neurologiques.

Les complications liées au traitement peuvent être prévenues par une information précoce, associée à des mesures préventives simples.




La polyarthrite rhumatoïde est-elle la même chez tous les patients ?

Il existe des formes plus ou moins graves de la maladie allant de la polyarthrite rhumatoïde peu sévère, non destructrice et très localisée à la polyarthrite rhumatoïde très sévère et très invalidante.

Aujourd'hui, il est difficile de savoir, au début de la maladie, si la polyarthrite guérira, deviendra sévère ou se stabilisera. L'évolutivité vers une forme déformante n'est absolument pas systématique.
La probabilité d'avoir une polyarthrite sévère, après dix ans d'évolution, est moins grande si la polyarthrite a débuté dans les années 90 plutôt que dans les années 60. Cette constatation suggère que la prise en charge thérapeutique, y compris l'information des patients, contribue a cette constante amélioration.




Comment fait-on le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde ?

Le diagnostic précoce de polyarthrite rhumatoïde n'est pas toujours facile car les signes peuvent évoquer d'autres maladies.
Le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde repose en fait sur un faisceau d'arguments non seulement cliniques (c'est-à-dire issus de l'examen du médecin) mais aussi biologiques (prise de sang) et radiologiques.
Dans le sang, on met souvent en évidence des signes d'inflammation articulaire :
augmentation de la vitesse de sédimentation (VS) et de la Protéine C Réactive (CRP), ainsi qu'une discrète anémie (hémoglobine basse).
Parfois le test au Latex ou la réaction au Waaler Rose (traduisant la présence du facteur rhumatoïde) est (ou sont) positif(s).
On parle alors de "séropositivité pour le facteur rhumatoïde" à ne pas confondre avec la séropositivité des malades atteints du Sida (ce qui n'a rien à voir).
Initialement les radiographies sont souvent normales.




Evolution de la polyarthrite rhumatoïde :

L'évolution naturelle de cette maladie se fait :
soit vers la guérison (éventualité malheureusement peu fréquente),
soit vers une stabilisation des lésions,
soit vers une extension de l'atteinte articulaire avec apparition de lésions plus ou moins sévères du cartilage, de l'os et/ou des tendons.

L'évolution habituelle se fait le plus souvent par poussées plus ou moins longues et d'intensité variable, entrecoupées de rémissions imprévisibles parfois définitives.


différence existant entre rémission et guérison :

la guérison : la maladie disparaît avec le traitement et ne revient pas à l'arrêt du traitement; l
la rémission : la maladie disparaît avec le traitement, mais revient à l'arrêt du traitement.

Seule l'évolution naturelle peut aller vers la guérison (éventualité peu fréquente) alors que certains traitements peuvent entraîner des rémissions complètes.

La polyarthrite rhumaloïde évolue par poussées plus ou moins longues et d'intensité variable, entrecoupées de rémissions. La guérison, éventualité certes peu fréquente, peut toutefois survenir spontanément et inopinément.


Objectif des médicaments utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde ?
Il y a trois objectifs pour les médicaments utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde:
no 1 : calmer la douleur (action antalgique);
no 2 : diminuer l'inflammation (action anti-inflammatoire);
no 3 : freiner voire stopper l'évolution de la maladie (traitement de fond, ou traitement d'action lente).




Lorsqu'on a du mal à se chausser, quel genre de chaussures est conseillé ?

Il convient de privilégier le confort.
Il est souhaitable de choisir des chaussures souples, légères, en vachette par exemple, pour éviter les conflits entre chaussures et pieds qui favorisent les déformations.
Il est préférable, pour les mêmes raisons, que les chaussures soient à bout arrondi, sans couture sur le dessus, avec des semelles de crêpe ou "à coussin d'air" (si vous achetez des chaussures de sport). Le talon ne doit être ni trop haut ni trop bas (au mieux 3 cm environ). Certaines marques font souvent des chaussures qui répondent à ces critères : Mephistos, Arche, Arcus, Ted Lapidus, etc. Si vous ne trouvez pas chaussure à votre pied, nous vous recommandons alors d'essayer des chaussures fabriquées en série mais spécialement conçues pour des pieds déformés. Ces chaussures sont remboursées par la Sécurité Sociale après entente préalable.
Il existe également les chaussures dites "orthopédiques" thermoformables adaptées à toutes les déformations. Ces chaussures doivent être prescrites par un médecin et il faut faire une demande d'entente préalable. Si on obtient l'accord de la Sécurité Sociale, elles sont totalement remboursées (à condition d'être pris en charge à 100% pour le rhumatisme). Elles peuvent être renouvelées tous les deux ans.



Doit-on porter des semelles orthopédiques et prendre des précautions particulières pour protéger ses pieds ?

Au cours de la polyarthrite rhumatoïde, l'atteinte des pieds est fréquente et peut être très gênante. Autant dire qu'il est bon de prendre toutes les précautions possibles pour essayer de préserver ses pieds.
Ainsi, même si les pieds sont épargnés par le rhumatisme, il est souhaitable de choisir des chaussures confortables, de ne pas négliger les soins spécifiques d'une irritation cutanée même minime, et éventuellement de porter des semelles orthopédiques.
En effet, des semelles orthopédiques peuvent être prescrites dès le début du rhumatisme pour deux raisons :
corriger toute anomalie du pied, qu'il s'agisse par exemple d'un pied creux ou d'un pied plat, c'est-à-dire toute déformation même indolore et sans rapport avec le rhumatisme ;
prévenir l'étalement de l'avant-pied et la bascule du talon au cours de la polyarthrite rhumatoïde.

Quand les pieds sont douloureux, même s'ils ne sont pas déformés, le port de semelles apporte un confort immédiat, sans préjudice esthétique et l'enjeu est important.
Ces semelles doivent être prescrites par un médecin. Elles sont confectionnées par un podologue. Elles sont remboursées à 100% du tarif de la Sécurité Sociale et peuvent être renouvelées tous les deux ans.


Il est recommandé de prendre grand soin de ses pieds surtout lorsqu'ils sont déformés et fragiles. Les points d'appui anormaux et les zones de conflit avec les chaussures peuvent aboutir à la formation de durillons.
Il est préférable de se faire soigner par un pédicure-podologue car des soins mal faits exposent au risque d'infection.
 

Frédéric JOLLY

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