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Dans les études de
podologies on nous apprend que le Tibial Postérieur est le muscle
qui forme la voûte plantaire. Chez l’enfant, ce serait le
responsable du pseudo pied plat jusqu’à l’acquisition complète de
son tonus. Par contre l’hypertonicité (d’origine neurologique ou
non) du TP est responsable de pieds creux ce qui paraît être une
confirmation supplémentaire. Encore faudrait-il que cette
hypertonicité ne concerne que le TP.
Certains disent qu’en cas
d’arrachement du TP, le pied s’aplati et d’autre comme STEINDLER
montrent que tant que l’aponévrose profonde n’est pas
sectionnée, la structure osseuse conserve son cavus jusqu’à une
charge de 200 Kg !
VILADOT nous fait remarquer que l’allongement isolé du tendon
d’Achille verticalise le calcanéum et augmente le cavus.
Le doute s’est depuis longtemps installé en moi…quant à l’action du
TP.
C’est un cours du Professeur RABISCHONG de Montpellier, qui
m’a encore plus dérouté.
Son cours de biomécanique commence par une constatation « nous
avons le système, mais livré sans mode d’emploi ». Le « créateur
» dans son atelier conçoit le système en se fixant un but. Il
fabrique et assemble les pièces de ce système pour atteindre son
but. Si son but est atteint, il peut dire que son système
fonctionne.
Nous nous emparons du
système, mais nous n’avons pas le mode d’emploi. Le système tombe en
panne et nous voulons le réparer. Il ne nous reste qu’à démonter les
pièces de ce système et les analyser pour essayer de comprendre leur
fonctionnement, leur rôle et donc leur but.
Si j’étais le créateur (on peut toujours rêver…) et que je veuille
fabriquer une voûte plantaire qui ne s’aplatisse pas à la moindre
pression, aurais-je choisi d’accrocher un câble élastique sous ou
sur ma structure pour conserver une forme hémicoupoïdale ? TP ou TA
??
Me voilà donc devant mon établit en train de fabriquer un pied. J’en
suis à la réflexion sur un système d’amortisseur des chocs, des
pressions et des irrégularités du sol. Une structure flexible en
forme d’arc ferait bien l’affaire avec sa corde élastique qui
empêcherait les deux points en appui au sol de trop s’écarter. Mais
je n’ai que deux points en appui au sol et ce n’est pas un système
qui puisse assurer l’équilibre, alors avec un effort supplémentaire
j’imagine une hémi coupole qui est élastique par sa structure
médiale en forme d’arc composé de pièces rigides, articulées entre
elles et assemblées par des aponévroses profonde, moyenne et
superficielle ainsi que des muscles plantaires intrinsèques qui vont
jouer le rôle de corde de l’arc, et qui assure mon équilibre par sa
base en appui au sol, soit un arc de cercle M1, M2, M3, M4, M5, bord
externe, talon. Tout d’abord je fabrique un pilier postérieur
calcanéum et astragale, des piliers antérieurs avec une inclinaison
dégressive du premier au cinquième et quelques pierres de voûte pour
relier tout çà, le cuboïde, le naviculaire et les cunéiformes. Pour
mieux assurer la stabilité de mes piliers, je rajoute des butées
plus ou moins grosses, les orteils.
Mon but étant de donner la vie à ce système, il faut que
j’imagine le moteur mais si le moteur tombe en panne, le système est
fichu ! Alors je préfère fabriquer plusieurs petits moteurs qui
pourront travailler ensemble, séparément ou en série. Ces moteurs
sont placés contre des pièces osseuses sur des surfaces non
articulées et séparés entre eux par des aponévroses. Ils vont
transmettre leur énergie aux différentes pièces osseuses par
l’intermédiaire de câbles coulissants dans des gaines.
Mon premier moteur s’appelle court fléchisseur plantaire et à
condition de le brancher sur une petite pile électrique pour lui
donner du tonus, il aide bien au maintien du pilier postérieur par
rapport aux antérieurs et plutôt que de l’accrocher aux piliers
métatarsiens, je vais l’accrocher aux orteils qui pourront se
cramponner et jouer un rôle actif.
Pour renforcer ce système et pour enfin faire bouger mon pied,
j’invente deux nouveaux moteurs fléchisseurs propre et commun
dont les câbles s’accrochent au même endroit et qui donnent une
flexion plantaire plus importante des orteils mais une flexion de
mauvaise qualité au niveau de la cheville.
J’invente alors un moteur surpuissant copié plus tard pour la fusée
« Ariane ». Un moteur central, le soléaire, et ses deux
réservoirs de puissance, les gastrocnémiens. Pour ne pas que les
orteils restent en flexion plantaire il faut installer des moteurs
d’action inverse, extenseurs propre et commun.
Pour relever l’avant pied, j’ai besoin d’un moteur moins puissant
que pour relever l’arrière, un jambier antérieur suffira et si
j’accroche son câble en dedans d’une pierre de voûte comprise entre
deux piliers, c’est ce qui s’appellera « faire d’une pierre deux
coups ». Plus tard aussi, les cirques gênés par des poteaux à
l’intérieur de leurs chapiteaux, donc sous la structure, adopteront
un système de maintient de la toile par des câbles tendus sur la
structure.
Je veux maintenant que mon pied puisse basculer en dedans, j’invente
des moteurs péroniers dont le câble du long aura un double
avantage, soulever le bord externe du pied tout en tirant sur le
pilier interne de mon arche pour éviter tout bâillement avec sa
pierre de voûte voisine, le premier cunéiforme.
Je veux enfin que mon pied puisse basculer en dehors, le jambier
antérieur fait déjà l’affaire, mais risque peut-être d’extraire une
pierre de voûte de mon architecture et condamner l’édifice, je
lui adjoint un moteur jambier postérieur dont le câble
s’accrochera à l’intérieur du naviculaire.
A la réflexion, le risque est le même, extraire un pierre de voûte
de l’architecture. Et puis simplement accroché au naviculaire il
n’aura qu’un rôle de rotateur interne. Alors je décide d’accrocher
ce câble par de multiples expansions qui assureront la cohésion de
l’architecture et dont les plus distales favoriseront le mouvement
de bascule en supination.
Je ne me casse pas la tête pour le cinquième méta qui assure la
stabilité par son appui au sol ni pour le premier déjà pris en
charge par le long péronier.
La satisfaction du travail accompli s’empare de moi mais la
fatigue aussi. J’emballe le système, je le livre, débrouillez vous
avec…et dites « merci mon Dieu » !
Redescendons sur terre. Je ne suis pas le bon Dieu. Tout cela pour
dire que je ne suis pas de ceux qui diront que TP = voûte plantaire.
Je suis plutôt enclin à
penser que tous les muscles ont leur rôle à jouer dans le maintien
de l’architecture en hémi coupole est qu’il s’agit là d’un véritable
dénominateur commun. Et que de plus le TP n’a peut-être pas le
premier rôle dans l’histoire de la voûte plantaire."
Pour plus d'information sur le travail de Gilbert LEGRAND, visitez
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